Alerte fraudes
Nous souhaitons porter à l’attention du public que des comptes frauduleux se réclamant de Pictet sont actuellement actifs sur les réseaux sociaux.

De l'attrait des actifs alternatifs dans un contexte de rendements bas

De l'attrait des actifs alternatifs dans un contexte de rendements bas

Les actifs alternatifs offrent un large éventail de profils de risque susceptibles de doper les performances des portefeuilles d'investissement traditionnels

Principaux points à retenir

  • Les actifs traditionnels semblent arriver à la fin d'un long cycle structurel de forte rentabilité, conduisants les investisseurs à explorer des classes d'actifs alternatives.
  • Les actifs alternatifs couvrent un large spectre et présentent des caractéristiques très variées, susceptibles de statisfaire une multitude d'objectifs.
  • Les private equity et le capital-risque constituent des segments alliant généralement un risque élevé et une rémunération supérieure, alors que l'immobilier et l'infrastructure offrent des rentabilités plus stables. l'or conserve quant à lui son statut d'actif de protection contre le risque de dépréciation des monnaies. 

Fin de cycle pour les actifs traditionnels?

Les actifs traditionnels – soit les actions et les obligations – semblent arriver à la fin d’un long cycle, marqué par plusieurs décennies de très forte rentabilité. Face à des niveaux d’inflation records, alimentés par des facteurs tant cycliques que structurels, les banques centrales sont amenées à repenser les politiques ultra-accommodantes qu’elles mènent depuis des années. Le resserrement de ces politiques monétaires aura un impact sur les prévisions de rentabilité des investisseurs en obligations, qui pourraient essuyer d’importantes pertes de capital, du moins à court terme. Les investisseurs en actions sont pour leur part confrontés à un risque de normalisation des valorisations et des marges, alors que la visibilité quant à l’évolution de la croissance mondiale se détériore, pénalisant les deux composantes de l’équation risque/rendement.

Conscients des dynamiques à l’œuvre, les investisseurs institutionnels explorent les solutions qui leur permettront de préserver, voire d’améliorer, leur performance dans un contexte de moins en moins favorable aux portefeuilles traditionnels. Dans les années 1980, les fonds de dotation des universités américaines, sous l’impulsion de Yale et de Harvard, ont commencé à intégrer des actifs alternatifs à leur allocation, ce qui leur a permis de régulièrement surperformer les portefeuilles classiques 60/40. Le fonds de dotation de Yale a ainsi affiché une rentabilité de 12,4% par an en moyenne (en dollars) au cours des 10 dernières années, contre 8,0% pour un portefeuille mondial 60/40 sur la même période.

Trouver son chemin dans la jungle des actifs alternatifs

Si les actifs dits alternatifs suscitent incontestablement un intérêt accru depuis ces dernières décennies, force est de reconnaître que cette catégorie de produits est pour le moins hétérogène, puisque les classes d’actifs qui la composent présentent des caractéristiques très diverses. Les investisseurs doivent donc définir précisément ce qu’ils recherchent avant de s’aventurer dans la jungle des actifs alternatifs. Rentabilité supérieure, revenu régulier, diversification ou protection contre les risques extrêmes sont autant d’objectifs d’investissement pertinents, mais qui ne peuvent pas être atteints simultanément.

Les investisseurs en quête de risque et visant des rendements élevés se tourneront naturellement vers le private equity et le capital-risque. Grâce à l’important effet de levier associé aux transactions, le private equity mondial a en effet surperformé l’indice MSCI AC World de 3,9% par an en moyenne au cours de la dernière décennie. Sur le long terme, le segment du capital-risque a affiché une rentabilité à peine supérieure à celle du private equity, avec toutefois une envolée des performances dans les phases d’accélération de l’innovation. Et ces deux segments devraient continuer de surperformer les actions cotées au cours des 10 prochaines années (mais dans des proportions moins importantes qu’auparavant), avec une rentabilité annuelle moyenne de 9,2% en termes nominaux pour l’un comme pour l’autre.

Les investisseurs privés continuent par ailleurs de s’intéresser aux marchés de la dette, les organismes de prêt traditionnels ayant battu en retraite depuis la crise financière de 2008-2009. En contrepartie d'une faible liquidité, les investisseurs profitent donc des rendements généralement plus élevés du crédit privé par rapport aux obligations cotées, mais aussi de taux variables (une caractéristique utile dans les périodes de resserrement monétaire) et de la possibilité d’adapter les clauses de sauvegarde de manière à ce qu’elles conviennent au mieux à leur tolérance au risque. Le crédit privé devrait pour sa part afficher une rentabilité de 5,3% durant la prochaine décennie

Graphique 1: Actifs sous gestion par catégorie d'actifs alternatifs

Les hedge funds, quant à eux, forment une classe d’actifs très hétérogène, du fait de la vaste gamme de stratégies employées, mais qui compte aussi parmi les plus opaques, compte tenu des efforts déployés par les gérants pour conserver leur avantage concurrentiel. De manière générale, toutefois, le segment des hedge funds est dominé par le facteur actions, avec un bêta par rapport aux marchés cotés d’environ 0,5 depuis la crise financière (d’où notre prévision d'une rentabilité annuelle moyenne de 3,1% en dollars au cours des 10 prochaines années). Sachant que les hedge funds parviennent à tirer leur épingle du jeu dans les périodes de turbulences – ce qu’ils ont encore démontré en 2020-2021 –, ils constituent des instruments de diversification, qui n’offrent de l’alpha qu’aux gérants en mesure d’appliquer un processus de due diligence rigoureux.

Pour les investisseurs recherchant des rendements stables plutôt qu’un potentiel de performance exceptionnelle (mais risquée), l’immobilier et l’infrastructure peuvent s’avérer des segments intéressants à explorer. Certes, les niveaux de risque varient, de même que le potentiel de rendement, mais tous deux sont traditionnellement considérés comme des investissements «sûrs», assimilables à des rentes, offrant des cash-flows réguliers et un certain degré de protection contre l’inflation. La visibilité des revenus, relativement bonne, s’accompagne toutefois d'une faible liquidité et d’autres risques. Les infrastructures core, par exemple, comportent un risque réglementaire significatif, difficile à évaluer, qui doit être géré par le biais de la diversification.

Enfin, l'or continuera de jouer son rôle d’actif de protection contre l’inflation galopante, la dépréciation des monnaies ou les brusques retournements des actifs risqués. Cependant, la hausse des taux souverains – et en particulier du taux américain réel à 10 ans, dont nous anticipons le retour en territoire positif – devrait diminuer l’attrait de l’or, non assorti de rendement, par rapport aux obligations, raison pour laquelle nous tablons sur une rentabilité annuelle moyenne de 2,2% en dollars pour le métal jaune au cours des 10 prochaines années.

Un avenir prometteur...mais tout ce qui brille n'est pas d'or

Plus opaques, moins réglementés, moins liquides et difficiles d’accès, les actifs alternatifs constituent indiscutablement une catégorie à part. Mais la diversité des classes d’actifs alternatifs offre aux investisseurs une vaste gamme d’options intéressantes pour optimiser leurs portefeuilles selon leurs objectifs individuels et leur tolérance au risque. Nous continuons par conséquent de leur prédire un bel avenir  au cours des dix prochaines années, que l’accès croissant des investisseurs ordinaires à ce type d’investissement ne fera que renforcer.

Les actifs non cotés, en particulier, pourraient continuer d’afficher de solides performances, puisque le secteur continue de se développer et que la compétitivité des marchés non cotés face aux marchés cotés en matière de financement des grands projets et des entreprises augmente. Compte tenu toutefois de l’importante dispersion des performances, la sélection des gérants joue un rôle primordial dans ce domaine. Et elle passe inévitablement par un strict processus de due diligence, autrement dit par des contrôles préalables sans faille.

Footnote
Disclaimer title
Select your local site for services available in your region

Welcome to Pictet

Looks like you are here: {{CountryName}}. Would you like to change your location?